Aigas Mòrtas - Partie 2
- 20 févr.
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La qualité principale de la cervoise que l’on servait en ces lieux résidait en sa fraîcheur, vertu que le dénommé Bô-Laid ne sut point apprécier. Alors que nous étions assis à la taverne, un goujat crut plaisant de nous jeter de la paille, souillant par là même nos breuvages. Fort courageux et ne badinant point avec les libations, le noble lieutenant Casse-Noix n'hésita pas à réprimander le malotru; ce dernier répara sa maladresse en nous offrant promptement un nouveau pichet.
La seconde veille se clôtura par un bal. La multitude des participants était telle que nous occupions toute la place Saint-Louis, peinant à ne point nous fouler les pieds les uns les autres. Notre chef de camp, Mathilde, se distingua par sa grâce parmi les danseurs. Sa renommée est d’ailleurs telle, même hors des cercles de danse, que la Compagnie fut honorée par "La Petite Cheminée" — cet établissement itinérant — d’un mets portant son nom : une préparation fort savoureuse à base de pâté de sanglier.
Au lever du jour, chacun regagna son office. C’est ainsi que Pépé, maître dans l’art de la maille, s’employa à transmettre son savoir au jeune Ghaell. Pendant ce temps, nombre des nôtres continuaient de se relayer dans la fameuse bassine d’eau fraîche... Quant à moi, digne représentant de notre troupe, j’assistai à la messe célébrée en l’honneur de Louis IX par un frère de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Les festivités s’achevèrent par un ultime défilé. Après avoir échappé, une fois de plus, aux tourments des membres qu'inflige une trop longue immobilité, nous fûmes de nouveau acclamés par la foule. Le public eut d’ailleurs la surprise de voir Bestor, dit "Le Tordu", traîné parmi nous au pilori, le tout escorté par les cris du fils du lieutenant, Gabriel, lequel commandait la troupe comme s'il était né pour donner des ordres.
Quelle aventure,
Mikhaél

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