La Rose d'Or à Avennio
- 27 mars
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En la cinquième année que Mathilde mène compagnie, le vingt-septième jour du mois de mars.
Ô philé hēmerológion,
Comment pourrais-je entamer une nouvelle saison sans mentionner la Rose d’Or de l’an dernier? Il s’agit du plus grand rassemblement d’osts et de mesnies du midi. La cité, que le Roy de France a fraîchement mise sous sa tutelle, est d’une beauté à couper le souffle.
Hélas, les humeurs de mon corps me trahirent durant le voyage vers Avennio, et le terrain très humide sur lequel nous dûmes dresser le camp. Je pus toutefois profiter de la vue splendide des remparts, s’élevant fièrement au-dessus des eaux du Rhône.
On y tint de grands jeux où les troupes se mesurèrent en moult épreuves. Messire Grenade de Gorodets, portant en son écu d’azur à la licorne d’argent, ne put hélas nous rapporter la palme du combat à l’épée. Quant à moi-même et l'amie Balayette, malgré la superbe que nous affichâmes lors du « porté des chefs », notre moisson de gloire fut bien maigre face à la vaillance adverse. Nous avions pourtant, par d'habiles prouesses, mis la foule en liesse lors d'un divertissement avec mon disciple Bô-Laid ; celui-ci me porta en son dos galopant avec fougue avant que nous ne roulassions tous deux dans l’herbe, sans dommage aucun.
Ce sacré Ghaell tonna une sentence mémorable durant la même épreuve ! Tandis que des gens d’une autre mesnie, mus par une charité mal avisée, tentaient de rafraîchir notre équipe en pleine course — rendant par là notre équilibre fort périlleux — il leur hurla de sa voix la plus terrible :
« CONDEMNEMUS !!! » (Que nous les damnions !)
La compagnie Merces brilla néanmoins au tir à la corde. Grâce à la vigueur de nos bras et aux ruses du Schtrou — lequel s'était pour l'occasion travesti en damoiselle — nous gravîmes la deuxième marche du podium. Un bel exploit pour nos mercenaires, qui nous valut un trophée de noble facture.
Si j'oublie mon rude combat contre la fièvre, la fête fut délectable. Les échoppes des artisans s'étendaient à perte de vue et le bal ne prit fin qu'à une heure indue, bien après que les complies eurent sonné et que je fusse déjà aux bras de Morphée.
Me voici désormais prêt à entamer une nouvelle saison avec mes compagnons de fortune.
Quelle aventure,
Mikhaél

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